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Comment préparer les enfants à l’école après des mois de pandémie ?

Lundi 13 septembre, les écoles de la quasi-totalité de la France ont rouvert leurs portes avec une série de mesures visant à empêcher la propagation du Covid-19. Tout d’abord, l’obligation de porter un masque et de se tenir à distance, tandis que les enseignants doivent être munis d’un certificat vert, le fameux pass sanitaire.

Après des mois d’enseignement à distance, la réouverture suscite de nombreuses inquiétudes quant à la pandémie toujours en cours. D’autre part, continuer à écarter des millions d’enfants et de jeunes des salles de classe présenterait également des difficultés considérables et aurait des effets négatifs sur eux et leurs familles.

Pour savoir comment faire face au retour à l’école, nous avons interviewé un psychologue et psychothérapeute.

L’école comme lieu fondamental de socialisation

Le sujet que nous allons aborder est très délicat, et de nombreuses opinions ont été exprimées à son sujet, dont certaines très divergentes. Comme le souligne le médecin, « parler de l’école, c’est se référer à un macro-système dans lequel convergent enseignants, élèves et familles, pour ne citer que les principaux acteurs ». C’est un univers qui ne peut être relégué à la simple fonction de transmission de la culture ou d’enseignement, mais qui représente bien plus. C’est un lieu de mise en réseau, une base fondamentale pour l’interaction sociale, pour stimuler la connaissance et l’enrichissement qui proviennent de la diversité entre les personnes. C’est ainsi que les gens mûrissent, évoluent et apprennent à être avec les autres.

Le parcours évolutif, qui accompagne la personne de l’école maternelle à l’université, est une escalade d’expériences nécessaires à la croissance individuelle, vécues dans le système du groupe. Comme le rappelle la personne interrogée, « ce qui s’est passé à cause de la pandémie a nécessairement réduit cette grande richesse car, malgré l’immense effort pour maintenir le niveau d’enseignement approprié au programme scolaire, l’environnement physique (socialement impliquant) et l’interaction sociale qui l’accompagne ont évidemment fait défaut ».

Réactions des jeunes et des très jeunes à l’apprentissage à distance

Au cours de la longue période qui a vu la formation à distance devenir le protagoniste incontesté de la méthode d’enseignement à tous les niveaux, les réactions et la gestion du stress provoqué ont été nombreuses. « La situation imprévisible nous a tous dépassés, elle a obligé même les jeunes et très jeunes générations à remodeler leur façon de voir et de vivre les relations.

Chacun a été affecté de manière différente par la restriction de la liberté de faire quoi que ce soit et de se déplacer : certains ont trouvé le moyen de rester en contact par le biais d’appels vidéo et téléphoniques, d’autres se sont « renfermés » afin de moins manquer aux autres, en les éloignant par choix, d’autres encore ont eu des répercussions psychologiques importantes et ont eu besoin d’aide. Et puis il y a ceux qui ont réussi, grâce à une forte motivation combinée à beaucoup de conscience et de rationalité, à donner un nouveau sens à leur vie quotidienne ».

Concernant spécifiquement la formation à distance, la personne interrogée déclare que, bien que perturbatrice, « il s’agissait d’une forme alternative de didactique liée à une période de transition et elle a été traitée comme telle. L’impossibilité de fréquenter des camarades de classe existait indépendamment de la forme de didactique et en effet, je dirais que dans cette modalité, l’échange oculaire et vocal dans une classe virtuelle donnait la possibilité de moments de coexistence et de partage ».

Le « traumatisme » du confinement

Très souvent, en référence à la pandémie, à l’isolement et aux autres mesures de sécurité, on a également parlé de traumatisme, avec des répercussions importantes comme nous l’avons vu en parlant des effets de la quarantaine sur les enfants.

À cet égard, la psychologue souligne que « si l’on entend par traumatisme un événement extérieur qui bouleverse l’équilibre qui nous appartient, en provoquant des répercussions dans la vie quotidienne dans différentes sphères de sa propre vie, alors oui, on peut dire que le verrouillage a également provoqué un traumatisme.

En effet, la pandémie n’a pas seulement contraint les gens à l’isolement, mais elle a aussi provoqué de nombreux décès et de longues périodes d’hospitalisation sans issue certaine et sans possibilité d’interaction, ce qui, pour les membres de la famille, a accentué le sentiment d’impuissance et augmenté la frustration et souvent la colère. Évidemment, ni les enfants ni les jeunes n’en sont sortis indemnes, et dans le caractère extraordinaire de la situation, ils ont dû faire face à des deuils ou des pertes importantes.

Comment gérer le retour à l’école après la pandémie ?

La rentrée scolaire sera vécue différemment, tout comme l’ont été les événements et les expériences de ces derniers mois. « Pour certains, le retour en classe coïncidera avec le début de nouveaux chemins, dans des contextes différents avec d’autres compagnons de route, et ce sera certainement une nouveauté stimulante. Puis il y aura ceux qui retourneront à l’école et trouveront des enseignants et des conférenciers prêts à les accueillir pour poursuivre leur parcours éducatif avec une énergie pleine d’espoir. D’un point de vue social, il y aura certainement un aspect positif dans la mesure où nous pourrons retrouver la vie sociale et physique dont nous avons tous tant besoin, surtout les enfants et les adolescents.

Le contact physique, un besoin important pour les enfants et les jeunes

Le psychologue rappelle que depuis plus d’un an, nous sommes habitués à porter des masques, à ne pas serrer la main pour dire bonjour, à ne pas prendre les gens dans les bras. « Cette longue période de temps nous a, en quelque sorte, entraînés à garder nos distances, à tel point que dans certaines situations, surtout avec des personnes qui nous sont plus familières, nous nous sentons presque mal à l’aise et gênés de nous abstenir de faire quelque chose qui serait spontané et naturel. Il s’agit certainement d’un aspect qui ne doit pas être sous-estimé et qui concerne tout le monde, en particulier les enfants et les jeunes, car pour eux le contact physique est et reste un élément fondamental de la communication ».

La crainte que le contact avec autrui puisse être un vecteur du virus est bien connue, mais le niveau d’inquiétude dépend de divers facteurs. La tâche des parents est de rassurer les enfants autant que possible. Il est inévitable, en effet, qu’ils absorbent les tensions et les angoisses présentes dans le noyau familial, dans lequel ces questions sont discutées et raisonnées, et « il est évident que chacun d’entre eux porte avec lui en partie ces opinions et ces idées, en partie les siennes propres ».

Bien sûr, ce qui serait bien et permettrait d’apaiser les inquiétudes serait de trouver un climat de dialogue et de confrontation dans la famille, afin de ne pas avoir à affronter seul les difficultés. Les parents doivent les aider à prendre conscience que, s’ils prennent des précautions et utilisent des équipements de protection individuelle, il est possible de visiter des lieux et des personnes en ayant moins peur. En résumé, le respect des règles est utile et permet aux gens de se sentir plus en sécurité.

L’école qui reprend coïncide avec le rapprochement de plusieurs mondes « dans un souci de tolérance et de respect commun », rappelle consciencieusement le psychologue. « On espère que les enfants et les jeunes agiront de manière responsable pour eux-mêmes et pour les autres, et que les enseignants seront prêts à contrôler que les règles sont respectées ».

Retour à l’école : quelles difficultés d’apprentissage ?

Du point de vue de l’apprentissage, le retour à l’école peut présenter quelques difficultés, selon la personne interrogée. « Il est indéniable que malgré l’engagement et les sacrifices de tous ceux qui ont participé à l’enseignement à distance, celui-ci a parfois été pris à la légère, tant du point de vue de la gestion que de celui de l’utilisation. Pour certains, malheureusement, ce type d’enseignement n’a pas eu la dignité qu’il méritait, car pendant longtemps, il a été à toutes fins utiles la seule méthode disponible.

Il y a eu des répercussions dans le sens qualitatif, par exemple plus de distraction et moins de concentration, mais aussi dans la quantité de culture transmise, des problèmes de connexion, aux difficultés pour certains d’entrer dans le monde technologique avec autonomie, pour tous les acteurs de la formation à distance, élèves et enseignants.

« Le retour à l’école en présence aura tendance à exposer un peu ces lacunes, mais avec de l’engagement et de la volonté, il sera possible de les combler. L’école, bien qu’étant une obligation transitoire, est et reste une grande opportunité de socialisation et une source importante de nouvelles relations, sans parler, bien sûr, de son importance dans son objectif principal de diffusion de la culture. Les parents et les élèves devront aborder ce retour avec positivité », rappelle enfin notre psychothérapeute, « dans la conscience de l’importance du respect mutuel, fondamental pour relever le défi de la lutte contre le virus et sortir enfin de cette situation jour après jour ».